Afghanistan : mariage forcé des enfants

Quand le silence vaut consentement

Coincée entre la coupe du monde et les gesticulations de Donald Trump, l’information est passée quasi inaperçue, et n’a suscité que bien peu de réactions dans la communauté internationale.

Pourtant, à l’heure où en France on s’émeut, à juste titre, des manquements d’un  système qui expliquent en partie la persistance des violences sexuelles à l’encontre des enfants, en Afghanistan un nouveau décret des talibans ( article18 du Code de séparation judiciaire des époux publié le 14 mai 2026) autorise en creux le mariage des enfants  et aggrave la situation déjà désastreuse des droits des filles et des femmes.

Désormais, une fillette de 8 ans peut être promise à un inconnu par un homme de sa famille.

Lorsqu’elle atteindra la puberté ( avant 10 ans pour certaines ) elle devra se rendre devant un tribunal pour dire qu’elle n’est pas d’accord, faute de quoi le contrat de mariage sera validé.

Pour justifier cette décision, le porte-parole des talibans, Zahibullah Mujadid, explique que beaucoup de fillettes étant trop timides ou gênées pour dire clairement si elles sont d’accord ou pas, leur silence vaut consentement.

Il faut également savoir qu’une femme désirant  la dissolution de son mariage doit produire plusieurs témoignages pour justifier sa demande, tandis que les hommes peuvent le faire unilatéralement par simple déclaration.

Effacées de l’espace public (plus d’accès à l’école, interdiction d’exercer la plupart des métiers, de sortir dans la rue, de se rassembler), réduites au silence, comment pourront-elles contester des unions qu’elles n’ont pas choisies ?

S’appuyant sur une politique de persécution fondée sur le genre, l’article 18 renforce un système de tutelle masculine violant la dignité humaine des femmes.

Il met en péril leur santé, leur vie même : elles sont désormais plus nombreuses que les hommes afghans à se suicider. Les grossesses précoces ont entraîné un augmentation de 50 % de la mortalité maternelle.